La musique et son enseignement manquent cruellement d'information objective. Apportez votre témoignage en évoquant votre parcours, votre expérience d'hier ou d'aujourd'hui dans le domaine musical, en parlant de votre passion pour la musique, des expériences pédagogiques heureuses ou désastreuses (méthodes, professeur, etc.), des réussites et des échecs.
Par votre contribution, vous aiderez d'autres musiciens en herbe à mieux se guider, à opérer un choix plus conforme à leurs besoins et à éviter, peut-être, certains pièges pédagogiques. Merci d'avance, pour eux.
Galley, 64 ans
Instrument pratiqué : piano
Expérience musicale : cours particulier à domicile pendant quelques années
Bonjour... je suis complétement désespérée après un parcours dans le monde des profs de musique qui ne m'ont strictement rien apporté, rien donné de leur savoir ou de leur technique. Les 6 personnes que j'ai approchées ont absolument tout gardé pour elles au niveau musical. J'avais fait quelques années de piano classique, jeune, et j'ai pris ma retraite huit ans avant l'âge requis, pour me consacrer à la musique... J'adore composer des musiques.
Mes errances dans le monde des enseignants m'a complétement anéantie, et le peu de notions musicales que j'ai pu retirer, c'est par Internet, gratuitement (car je ne vous parle même pas du coût de mes pérégrinations harmoniques!) que j'ai pu me les procurer. Bref, je me retrouve à mon piano, à bricoler du stride de la main gauche et de la bossa nova de la droite, sans guide, sans lumière et sans direction... Je n 'avance pas, je n'ai aucun résultat et surtout aucune satisfaction... mais je ne veux pas arrêter car j'ai de la volonté et parfois ce que je joue, c'est joli. Mais comment travailler et surtout quoi ?
Leclerc, 16 ans
Instrument pratiqué : flûte traversière
Expérience musicale : 6 ans - école de musique, MJC
J'ai commencé la flûte à l'âge de 10 ans. Ma mère n'était pas très enthousiaste car elle s'était promise de ne jamais inscrire ses enfants dans les mêmes activités extra-scolaire. En effet, mon petit frère jouait déjà de la batterie. J'ai insisté car la flûte me faisait penser à de la féerie. J'ai donc été inscrite. Je progressais énormément avec peu de travail, ma professeure trouvait mon son magnifique pour mon âge, j'ai donc "sauté" les étapes. Puis cette professeure est partie.
Je me suis retrouvée 2 ans avec un autre professeur qui me faisait jouer un morceau par an... Je vous laisse imaginer... J'ai donc stagné pendant ces deux années. Je suis ensuite allée dans une MJC à Caen. Aujourd'hui j'y entame ma deuxième année et je me prépare à rentrer au conservatoire, si j'y parviens je redouble ma première générale (S) en première technologique TMD (Technique de la Musique et de la Danse).
Antoine, 25 ans
Instrument pratiqué : piano, guitare
Expérience musicale : 7 ans de guitare et 1 an de piano - école de musique associative
J'ai commencé le piano vers l'âge de douze ans, sans réelle motivation personnelle. Il y avait un piano dans la maison et plus personne n'en jouait et puis je ne faisais plus d'activité extra scolaire... Alors j'en ai fait pendant un ans dans une école de musique privée. Mon premier prof de musique, une femme, n'avait aucune motivation à m'apprendre le piano, elle ne faisait que suivre bêtement une méthode de piano, étant un élève très scolaire je suivais ses directives sans trop me poser de question, le piano était une sorte de "devoir", et puis, sûrement pour cause de laxisme cette prof est partie.
Son remplaçant, le directeur de l'école était très rigoureux mais aussi très motivant. Je jouais mon premier morceau en public à la fin de l'année. Mais après les vacances, je ne repris pas le piano, mon manque de motivation "réel" à eu raison de ma formation pianistique. Je n'ai repris le piano que cet été, mon objectif était de jouer le premier mouvement de la sonate au clair de lune de Beethoven. Et puis, en pratiquant, je me suis mis à m'intéresser au pièces qui étaient jouées par cet instrument et au bout de trois mois j'avais atteint mon objectif. J'ai ensuite appris la lettre à élise, le prélude de bach en do majeur, la valse de l'adieu de Chopin et j'entame le Golliwogs cake walk.
Mon travail me demandant beaucoup de temps. J'essaye de pratiquer tout les jours et à grosse dose le week end et les vacances. J'ai depuis pris des cours, ma prof est très bien et me guide dans mon travail en me montrant notamment mes limites techniques. J'ai ainsi découvert que l'apprentissage était similaire à celui d'un sportif de haut niveau. J'ai l'avantage de pouvoir choisir mes morceaux étant assez conscient de mes capacités et de ma marge de progression.
Mon objectif est de pouvoir mêler sur une même scène ma passion de la musique classique et folk blues à la guitare, et puis ce serait un bon moyen de faire le concertiste sans pour autant devoir passer par la voie écrasante des concours et de la formation au conservatoire. J'ai un peu de mal avec la gestion du stress. En tout cas je terminerai en disant que si vous aimez ça et que vous voulez le faire, rien ni personne à par vous même ne peut vous en empêcher.
Alain, 25 ans
Instrument pratiqué : basse, piano, guitare
Expérience musicale : 10 années,
J'ai commencé à jouer de la guitare en étant très jeune de façon autodidacte jusqu'à l'âge de 13 ans. Après mon bac, je me suis inscrit dans un conservatoire. J'ai fait une grande école de musique ou j'ai appris la contrebasse et puis j'ai accompli une formation de jazz. A 21 ans, j'ai fondé un petit groupe de jazz pendant 2 ans. Maintenant, je suis entrain de faire un master en musique et je me consacre à la composition et à l'arrangement. J'avoue que c'est difficile de faire un choix quand on est musicien.
Antoine, 17 ans
Instrument pratiqué : piano
Expérience musicale : 11 années, à domicile et en école de musique.
J'ai commencé le piano à 6 ans. Etant alors relativement peu intéressé par l'instrument, j'ai enchaîné plusieurs années sans y prendre du plaisir pour autant. Le piano au début, lorsque l'on commence petit garçon, est une expérience relativement peu agréable : cela demande effectivement du travail, qui au final, n'aboutit pas à des progrès extraordinaires. On joue des morceaux relativement peu passionnants au début : il faut travailler, travailler, sans relâche la technique. A l'époque, on me forçait plus qu'autre chose à aller le travailler. Puis, au final, si la souffrance n'a pas été trop pénible, et si le professeur a eu la bonne idée d'organiser des auditions de piano (d'où un intérêt de travailler des morceaux) on choisit de continuer. Ce même professeur m'a dit souvent d'ailleurs quelque chose d'intéressant par rapport à la musique : "dans un concert, lorsque tu fais une faute, ce n'est pas la technique qui est mise en cause, mais un sentiment : lorsque tu joues un morceau, c'est un peu comme si tu faisais une déclaration d'amour à ton public ; ça serait dommage d'y insérer une injure non ? de perturber l'espèce de transe dans lequel tu l'as mis." D'où la nécessité, lorsque l'on joue du piano, de jouer des morceaux qui nous plaisent essentiellement. De partir avec un objectif en tête, une notion de plaisir final, un aboutissement du travail.
Au terme de ma sixième année, bien que le piano m'ait toujours ennuyé, j'appris que mon professeur qui venait me donner des cours à la maison ne pouvait plus m'en donner. Ma famille m'inscrit dans une école de musique de jazz. Pour une fois, les morceaux que j'ai joué m'ont plu, et m'ont donné l'envie de prolonger mes cours, afin de continuer à découvrir l'instrument. Quelques années plus tard, mon professeur particulier revint, et je repris des cours avec lui. Cette fois-ci, nous commençâmes à attaquer des morceaux plus tordus que des blues : Un morceau m'avait plu, "la marche turque" de Mozart. Après un an de travail, le morceau était finalement en place, et nous pûmes commencer à travailler d'autres morceaux. Mais une fois que l'on a passé le cap du travail, une fois que l'on s'intéresse vraiment à la maîtrise de l'instrument, et des auteurs qui ont composé par dessus, que faut il faire ? Faut-il travailler plusieurs heures dessus par jour, afin de pouvoir affiner la technique ? Faut-il en rester là ? Cela dépend du pianiste et de sa capacité de travail. Mais cela dépend également du nombre de cours que l'on a pris. Cela dépend aussi de la place du piano dans notre vie. Pourquoi jouons nous du piano après tout. Si on joue du piano uniquement pour sa mère et son père, et leur faire plaisir, nous pouvons être sûrs d'une chose : si cela ne nous apporte pas plus, autant arrêter tout de suite.
De Cournuaud, 22 ans
Instrument pratiqué : piano
Expérience musicale : 10 années - Ecole de musique de Libourne et cours particuliers
Coucou ! Après avoir fait 3 années d'école de musique(qui m'ont d'ailleurs dégouté) j'ai fait une année de cour de jazz à domicile. Tout le monde dit que je suis "doué" pour le piano, ce qui me pose un gros problème, car je ne sais pas quoi faire de ma vie... J'ai un piano droit chez moi et je pratique en moyenne 2 heures de piano par semaine. Je ne fait que composer des musiques que je ne retiens pas toujours... et la plupart du temps j'improvise sur du jazz. J'ai une très bonne oreille musicale et ça me permet de jouer des morceaux que j'aime. Mais j'ai encore une infinité de choses à apprendre. Je n'ai pas une excellente technicité côté main gauche. J'aimerai faire un groupe de jazz ou pop. Avec tous ces éléments, j'aimerai savoir quelles hypothèses peuvent être envisagées pour mon avenir.