Chaque année, de nouveaux modèles de synthétiseur arrivent sur le marché. La singularité des synthés d'hier a tendance aujourd'hui à faire place à une sorte d'uniformisation tant au niveau du design que dans les sonorités. Il est aujourd'hui difficile de trouver des modèles de synthétiseur à la sonorité vraiment mauvaise et cela, même en bas de gamme. La qualité sonore s'améliore d'année en année. Cela est dû au progrès de l'échantillonnage, à son coût de revient de plus en plus bas et aux investissements financiers dans la recherche technologique de pointe. Comme vous allez-vous en apercevoir, posséder un synthétiseur pourvu d'une bonne sonorité n'est pas le seul critère à considérer lors de l'achat... Hélas !
La majorité des marques sont soit américaines (Kurzweil, Ensoniq...), soit japonaises (Roland, Yamaha, Korg...). Chaque marque tente, à sa manière, une esthétique, un son, une approche technologique qui lui est propre. Pour vous aider à effectuer le bon choix, je vais vous expliquer de la façon la plus claire les principaux paramètres ou critères dont il faut tenir compte quand on est décidé à s'offrir le synthétiseur de ses rêves.
Devant toutes ces questions, votre décision risque d'être encore plus cornélienne quand vous poserez vos doigts sur les quelques modèles présents dans votre magasin de musique favori (excluez d'office les grandes surfaces qui ne sont vraiment pas un lieu pour acheter ; encore moins pour essayer). Ne prenez pas une décision hâtive que vous regretteriez plus tard. Ne vous laissez pas séduire par un vendeur habile, qui jouera devant vous 2 ou 3 airs à la mode ou qui vous parlera d'un rabais exceptionnel. L'important c'est de ne pas se tromper de créneau. N'hésitez pas à vous entourer de personnes compétentes (un musicien, votre professeur de musique...) pour vous conseiller ou pour vous accompagner (c'est mieux) dans vos démarches.
Si vous décidez un jour de revendre votre synthétiseur, votre mise financière de départ risque de fondre rapidement devant de nouveaux modèles à prix plus sympa (ce qui est rarement le cas dans le matériel acoustique). Essayez de vous procurer des magazines spécialisés (comme Keyboards magazine) où vous trouverez quelques infos sur le matériel d'occasion et des tests sur les derniers modèles dont on parle.
Il est temps à présent de s'intéresser à la fiche technique, c&~#39;est-à-dire aux caractéristiques offertes par le synthétiseur.
Le Musical Instrument Digital Interface est un standard international qui vous permet de transférer des données entre instrument de musique électronique et ordinateur. Aujourd'hui, pratiquement tous les claviers sont équipés de 3 bornes MIDI : IN - OUT - THRU, qui se situent à l'arrière de l'appareil.
La borne MIDI In reçoit des données en provenance d'appareils MIDI externes (ordinateur ou séquenceur) tandis que la borne MIDI Out transmet des données à des appareils externes (les notes jouées, les changements de programmes, les réglages). La borne MIDI Thru retransmet les données via la borne MIDI In à l'appareil suivant (plus précisément à sa borne MIDI In) sans la moindre modification. Vous pouvez brancher autant d'instruments MIDI que vous le souhaitez au moyen des bornes midi Thru. Néanmoins, pour éviter toute erreur de transmission (retards du signal sonore), il est préférable de se limiter à 2 ou 3 appareils. Si vous désirez en raccorder davantage, utilisez une Midi Box ou un Midi Patch Bay (panneau de branchements MIDI).
Les canaux MIDI servent à transférer des données de diverses partitions instrumentales (telles que le piano, la basse, la batterie, etc.) via un seul câble. Il existe 16 canaux MIDI et chaque canal transmet des informations différentes. Pour reproduire ces données via MIDI, il est indispensable que le canal de transmission corresponde à celui de réception.

Ces bornes MIDI sont indispensables, même si au moment de l'achat vous n'en voyez pas l'intérêt. Qui sait si dans quelque temps vous n'aurez pas envie de composer avec un ordinateur ! La musique réserve parfois d'heureuses surprises.
La feuille d'implémentation, située en principe en fin du manuel, va vous expliquer la liste des commandes MIDI prises en compte ou ignorées. 3 signes y figurent : le " X ", indique la non reconnaissance de la commande, le " O ", sa présence (active) et " * ", que la fonction peut-être mémorisée sur On (oui) ou Off (non). Ces commandes peuvent être soit transmises, soit reconnues ou les deux à la fois. Grâce à la feuille d'implémentation vous pouvez tout savoir ou presque sur les possibilités d'expression d'un synthé.
Les informations MIDI se divisent en deux catégories principales : les messages canal qui transmettent des informations concernant le jeu sur chaque canal MIDI et les messages système qui régissent le fonctionnement du système.
Examinons les principaux paramètres :
Les messages système contiennent entre autres les messages de synchronisation qui s'adressent à des séquenceurs, à des boîtes à rythme et aux ordinateurs.
Voici les principales commandes de "Messages exclusifs universels":
Si on vous annonce dans la documentation 32 notes de polyphonies, cela vous indique que vous pourrez jouer 32 notes en même temps. Plus précisément, quand vous jouerez la 33e note, la 1ère s'effacera. Si vous vous dites qu'avec vos 10 doigts, 32 notes c'est largement suffisant... vous faites erreur. En effet, n'oubliez pas 3 critères importants :
Aujourd'hui avec une polyphonie de 64 notes (norme courante) on peut interpréter pratiquement toutes les pièces musicales du répertoire classique et moderne.
Il fut un temps (20 ans) où il fallait posséder autant de synthétiseurs que de sonorités différentes à exécuter. Il s'agissait de synthés monotimbrals. Aujourd'hui, à part de rares synthétiseurs monophoniques, pratiquement tous les synthés sont polytimbrals. La polytimbralité, c'est la porte ouverte à l'orchestration ; c'est la mise en oeuvre de vos créations si vous possédez un séquenceur, soit dans votre synthé (synthétiseur workstation), soit dans votre ordinateur. A vous de partager la polyphonie entre les différentes pistes si l'appareil ne le fait pas automatiquement. Exemple avec 32 voies de polyphonies : 12 voies pour le piano, 1 pour la basse, 6 pour la guitare, 4 pour la batterie, 1 pour le lead et le reste pour les cordes. Il faut savoir jongler dans cette gestion de la multitimbralité si l'on ne veut pas que d'un coup sec votre cymbale s'arrête de sonner.
La multitimbralité offre de nombreux autres services : Vous avez la possibilité de partager votre clavier en plusieurs zones (attention, tous les claviers n'offrent pas cette possibilité) et d'attribuer à chacune d'elles une sonorité différente. Cela s'appelle réaliser un "split".
Pour obtenir des sons en "layer" (plusieurs couches de sons superposés), il faut programmer sur le synthé les seuils de vélocité entre lesquels le son d'une partie se déclenche. Votre synthé doit être capable d'analyser la vitesse de descente de la touche, d'où la notion de vélocité. En MIDI, elle s'échelonne de 0 à 127. Exemple : un premier son (disons la sonorité supérieure) présente une courbe de vélocité normale (la dynamique augmente si l'on joue plus fort) et le second apparaîtra d'autant plus que l'on jouera doucement. C'est ce qu'on appelle réaliser un "crossfade". Il est nécessaire que le musicien possède une bonne technique pianistique pour contrôler la force d'appui. Le résultat sonore de cette approche technique est superbe mais peu usité car difficile. Cette approche musicale est spécifique à la musique "moderne".
A la fin de la course d'enfoncement, si vous appuyez davantage sur la touche et si vous déclenchez soit un vibrato, soit un pitchbend (montée ou descente du son) c'est que votre clavier accepte l'aftertouch (si celui-ci est en fonction bien sûr). Vous avez l'aftertouch "channel" et le "polyphonic". Le "channel" vous permet sur un même canal de recevoir le même effet sur toutes les notes ; avec le "polyphonic", chaque note est modulée individuellement. Ce dernier est à mon avis le plus intéressant, mais demande comme pour la technique du "layer", une bonne maîtrise de l'instrument.
Comme le piano acoustique, il est indispensable que votre clavier soit dynamique. Il doit être sensible à la dynamique de jeu. Il doit posséder un clavier de 60 touches (5 octaves). C'est le standard. Gare aux "cogneurs", ces claviers ont la mécanique sensible et ils n'apprécient guère la brutalité. Il vaut mieux éviter le style Jerry Lee Lewis sur ce genre de clavier. L'important c'est d'avoir un bon réglage du toucher en modifiant la plage de sensibilité du clavier. Si l'on exclut la dynamique, le toucher est plus proche de l'orgue que du piano.
Si vous reliez votre clavier à votre ordinateur, celui-ci deviendra un "clavier de commande" ou "clavier maître". Mais le véritable "clavier de commande" ne génère aucun son. Il sert uniquement à piloter votre ordinateur. A l'opposé d'un synthétiseur générateur de sons, son implémentation MIDI et ses possibilités de "split" ou de "layer" sont plus conséquentes.
Pour avoir dans ma vie joué sur plusieurs dizaines de claviers, il faut reconnaître que trop souvent le toucher des claviers de synthé est déplorable. Avec leur côté plastique, les claviers "à ressort" de bonne qualité sont rares et ne dépendent pas de la valeur marchande du synthé. C'est souvent le maillon faible du synthé !
Par le passé, on utilisait les effets pour grossir des sons étriqués. Aujourd'hui, la plupart des sonorités synthétiques sont propres et les effets incorporés (souvent fort nombreux), s'ils sont bien utilisés, renforcent la beauté des sons et les rendent vivants. Cela vaut le coup de passer un peu de temps sur cette partie de l'équipement (quand la programmation est aisée). En l'absence d'effets incorporés, il faudra prévoir l'achat d'effets externes. Ils se présentent la plupart du temps sous forme d'expandeur.
Le plus important de tous et le plus utilisé est sans contexte la réverbération. Elle donne de la profondeur à la sonorité. Il ne faut pas oublier le "chorus" qui enrichit les harmoniques ; il épaissit le son et la "distorsion" ou "fuzz" pour saturer, salir le son. Tous les effets sont à utiliser avec modération. Ils sont à la base de l'échec ou de la réussite de votre mixage. Donc, passez-y du temps.
C'est un paramètre important à prendre en compte quand vous achèterez votre instrument.
Quand vous éteindrez votre synthé, si les modifications que vous avez réalisées (volume, choix du son,...) ne sont pas conservées, il s'agit de mémoire Rom. Quand vous rallumerez votre synthétiseur, vous retrouverez les paramètres initiaux (paramètres d'usine).
Quand un certain nombre d'emplacements mémoires est disponible (parfois au prix d'une manipulation plus ou moins intuitive dans les pages menus du synthé), il s'agit de mémoire Ram. La capacité de sauvegarde est variable d'un appareil à l'autre et les paramètres également. La ram interne sauvegarde et conserve vos modifications, même quand votre appareil est éteint. La ram interne est alimentée par une pile à très longue durée de vie (plusieurs années), à condition, toutefois, de ne pas laisser votre appareil éteint pendant plusieurs mois. Vous courrez le risque de retrouver votre pile déchargée et vos sauvegardes envolées. De même, quand vous changerez votre pile, le contenu de la Ram s'effacera définitivement (pensez à sauvegarder !).
La plupart des synthétiseurs d'aujourd'hui sont équipée de "port" de sauvegarde. Vous avez la cartouche Ram et Rom (rare aujourd'hui), la disquette (limitée en capacité avec un temps de chargement parfois assez long). Ces 2 moyens sont pratiques pour sauvegarder vos banques sons et pour transférer le contenu dans un autre appareil sans avoir à le déplacer. La disquette sert également à conserver les données de sons d'un appareil d'une autre marque à travers le Système Exclusif (il doit être mentionné dans la feuille d'implémentation MIDI). Il existe un moyen que plus personne n'utilise aujourd'hui : la sauvegarde par magnéto à cassettes, pas fiable et longue.
Si vous possédez un séquenceur externe ou un ordinateur équipé d'un logiciel comme "Cubase", via le système MIDI ou le port "Host", vous avez la possibilité de sauvegarder vos données. C'est un moyen rapide et sûr.
La workstation est un terme qui est apparu au milieu des années 80. Les premiers appareils du genre s'appelaient le M1 Korg, le D20 Roland, le V 50 Yamaha ou le SQ 1 Ensoniq.
Dans le même appareil sont rassemblés tous les éléments pour réaliser un morceau de musique. Un séquenceur, une table de mixage automatisée, des effets, des sonorités avec des sons échantillonnés (souvent de qualité CD) : batterie, percussions, cuivres, violons, guitares, etc. et sur certains modèles une amplification et des haut-parleurs. A partir des appareils de moyenne gamme vous trouverez des sorties audio séparées.
L'AVANTAGE : le prix, inférieur à l'achat des éléments séparés.
L'INCONVENIENT : lors de la sortie d'un nouvel appareil et à cause d'un des maillons de la chaîne (un séquenceur plus puissant, des sons ou des effets de meilleure qualité...) si vous êtes du genre à vouloir la dernière nouveauté du marché, vous risquez de craquer et de vous sentir obligé de vous séparer de votre appareil. N'oubliez pas que vous devrez réapprendre un nouveau système, prendre de nouvelles habitudes, avec une perte de temps pour la musique, sans compter les problèmes de récupération de vos données pas toujours cohérentes entre les différentes marques.
Il vous faut peser le pour et le contre et réaliser des essais, pour savoir si l'investissement à moyen terme vaut la peine d'être tenté.
La capacité du séquenceur (nombres de notes) doit-être important. Un minimum de 15.000 notes, chaque note comprenant deux événements MIDI. Attention ! Ne pas confondre note et événement. Lorsque sur le manuel vous voyez qu'il est noté 30.000 événements, il vous faut diviser par deux la capacité du séquenceur. Comptez en moyenne entre 3.000 et 5.000 notes pour une chanson de 3 minutes et si vous n'utilisez pas l'aftertouch ou d'autres contrôles MIDI... filtrez-les ! Ce sont de gros consommateurs de mémoire.
C'est un appareil idéal pour se perfectionner dans le domaine de l'improvisation ou pour réaliser de petites maquettes propres à la maison. Mais bien d'autres possibilités sont offertes, comme travailler la mise en place d'un morceau avec la section rythmique du séquenceur.